Lorsque l'un des pères fondateur de l'église Techno passe à Rennes, pas d'excuses pour louper cette rencontre avec l'histoire vivante d'un mouvement en pleine renaissance. Retour sur l'un des évènements marquant du week-end alors que tous les projecteurs du monde de la musique sont braqués sur la ville.
Difficile d'ignorer la seconde vague techno qui s'abat sur la France. Avec les soirées Concrete, l'exposition Paris Music Club à la Gaité Lyrique, la Red Bull Music Academy, les rendez-vous Astropolis et tous ceux qu'on oublie de citer... l'offre est large, les nouveaux artistes nombreux. Et les anciens papes du mouvement techno né à Detroit profitent de ce regain d'intérêt. Avec le groupe Cybotron, son pseudo Model 500, le label Metroplex, Juan Atkins est une des pierres fondatrices de la techno. Juan Atkins est en tournée avec Kevin Saunderson et Derrick May pour fêter les 30 ans de leur mythique label Metroplex.
Nous avions déjà croisé la route de la légende avec la formation live Model 500 à l'édition hiver d'Astropolis, il y a presque un an. Juan Atkins, Mad Mike, Mark Taylor et DJ Skurge avaient livré une performance sensationnelle. D'ailleurs, c'est bien la seule fois où l'on a vu autant de jeunes que de vieux à un concert électronique, avec des gens assis dans les gradins, d'autres devant la scène à bouger leurs jambes, mais tous applaudir avec force respect et reconnaissance.
Cette fois-ci, c'est en solo pour un dj set que l'on retrouve ce grand de la musique boom-boom, au 1988 Live Club à Rennes pour être précis. On s'est pointé tôt, la time-table n'aillant pas été diffusé sur l'event Facebook. Les pistes sont vides pour l'instant, légèrement réchauffées par Antoine Pamaran du collectif Midweek. Des masques d'animaux flippants sont distribués à l'entrée. On s'abreuve, on s'échauffe. Il arrive.
Le son change brusquement, se refroidit, vogue vers des sonorités plus brutales. La sono suit le rythme, c'est un vrai bonheur, la lumière occupe bien l'espace. Juan Atkins est ici pour deux heures, deux heures de leçon sur la techno, son histoire, ses variantes... Difficile de reconnaitre des tracks dans la sélection du dj, mais on peut dire qu'il sait emmener son public sur divers terrains et c'est extrêmement agréable. On danse de bon coeur, malgré plusieurs transitions baclées ou ratées. On pestera plusieures fois sur le limiteur (la boite qui bloque la puissance sonore de la salle). La prestation est humble envers le public. Sans sortir tous les classiques techno, sans partir vers trop d'expérimentations, Juan Atkins a su s'adapter à son public qui n'est pas forcement éduqué. C'est bien simple, dans les rues de Rennes, très peu de personnes connaissaient le dj et ce qu'il représente.
On a aussi beaucoup aimé le B2B Vanadís-Tristan de la Midweek family pour cloturer. Impeccable pour finir sur une bonne note.
Certains ont pointé du doigt la légitimité de cette soirée en plein week-end des Transmusicales. Mais quelle meilleure date pour faire venir cette légende de la techno alors que des milliers de festivaliers et professionnels font le déplacement pour Rennes ? D'autant plus que l'entrée était gratuite pour tout détenteur d'un ticket du festival. Quid de l'intérêt de faire venir un artiste de ce calibre alors que le public rennais n'est pas aussi axé house-techno-electro qu'on aimerait le croire ? Nous on remercie le 1988 Live Club de prendre ce risque, de faire des propositions musicales pointues. Nul doute qu'on reviendra avec plaisir malgré les acouphènes.
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