Brest - Belfort - Brest. 2 000 kilomètres. Sa citadelle Vauban. Pour toi Eurockéennes, nous avons tout sacrifié. Y compris l'Astropolis de l'année. Tout le monde dit du bien de toi. Pourtant notre flirt est incertain. Le rock, c’est pas notre tasse de thé favorite. Peu importe, vu la programmation faisant place à la diversité. Les gros festivals, on connaît. 10 ans de Vieilles Charrues, ça déforme. Du coup on partait confiant. Le collectif Wird Crow aux Eurockéennes, ça rend ça. #EurocksTV #MrGoPro  #Eurocks2016
Photo : Corentin Kieffer
Vendredi c’était cagnard. C’était rigolo de marcher jusqu’au camping en passant par la voie ferrée. Notre batte de baseball a pas passé la sécurité. Ça coûtait rien d’essayer, sur un malentendu…
On était occupé ce jour là. On a entendu Loulou et ses copains (Insus) de loin, on a reconnu les morceaux, c’est bon signe. Mais c’est la famille Ed Banger qu’on voulait suivre. Busy P avait annoncé le retour de cette maison, Cassius, Para One et même bientôt Justice. En effet, la grosse machine est en marche. C’était à Garorock le grand rassemblement, la Ed-Banger House Party. Mais on a quand même eu le droit à Breakbot et sa prestation pop. Bien ficelé, c’était comme un package “festival”, avec la lumière, les costumes, les tubes. Tout beau tout propre, rien qui dépasse.
Photo : Maxime Croyal
Pareil pour Mr.Oizo. Notre idole de cinéma, notre gourou de la musique. C’est la troisième fois qu’on te croise, la première qu’on s’en rappelle. Un dj set à la Skrillex, celui qui tabasse, laisse à peine le temps aux morceaux d’évoluer. Heureusement tu gères les transitions. Ta sélection est cool, on pense au track de Sophie ou à la trap de bon goût. Mais c’est commercial tout ça, et tu le sais. Jeter des masques de Flat Eric dans la foule, ok, mais fallait pas mettre ta com’ pour ton nouvel album dessus. De toute façon, on vend plus d’album de nos jours. T’étais là pour le biz, t’avais le show, c’était facile pour toi. Alors une fois de temps en temps, tu as le droit, mais te perd pas, ton art est si parfait. La petite pluie nous a remémoré l’orage de Gesaffelstein aux Vieilles Charrues, c’est flatteur. C’était rigolo de voir les autochtones courir se mettre à l’abri.
Photo : Maxime Croyal
Photo : Corentin Kieffer
Samedi, on a eu peur. On a fait peu de concert encore, que voulez vous, y’en a qui bossent. On se souvient d’un Son Lux pas bouleversant, mais sans doute qu’on était pas en condition pour l’apprécier.
Air nous a pas plus sorti de cette torpeur. Le plaisir, enfin, de les voir sur scène fut soufflé par l’aspect plan-plan de leur prestation. Du coup on a chillé, profitant sans prétention de ces importants bonshommes. Peut-être que c’est ça qu’ils voulaient en définitive.
Vinces Staples nous a fait nous lever. Pas mal, mais une sensation de déjà vu, Odd Future c’est comme Salut C’est Cool ou Fauve, trop vu trop fait.
Non, décidément , c’était pas folichon. Le mastodonte Disclosure devait déménager. On a juste vu un show énorme avec de l’électro à featuring. Un condensé cliché du meilleur de la radio et du streaming. On en restera aux quelques morceaux house de leur début.
Photo : Agathe Coitou
Dimanche, grande folie. Trop à faire, la vie est mal foutue. On est content de vous avoir fait découvrir le Mölkky, amis festivaliers. On a validé le potentiel des hamacs gonflables. On s’est fait prendre en photo avec Fanny Bouyagui pour la paix. On a fait du ski en VR en mangeant un burger à la raclette.
En parlant bouffe, Action Bronson nous a mis une tatane. On l’attendait de pied ferme, plus qu’aucun autre. Un sans faute, une implication, une classe folle. Encore !
Mac DeMarco a enflammé tout le monde, comme Franck Carter ou Anderson .Paak. Ils ont mis les bouchées doubles pour faire monter l’ambiance. Ça marche, en plus l’Euro est projeté sur les écrans, les Bleus enchaînent, gros bordel partout, même en backstage. Au passage, Nekfeu confirme son statut d'icône, comme Stromae en fait.
On a réellement vu que 5 minutes de Tame Impala. Que voulez vous, le catering allait fermer. Du coup on se revoit dès qu’on peut. Caribou, la même. En vrai c’est navrant, mais c’est aussi ça les festivals.
Photo : Maxime Croyal
Photo : Maxime Croyal
Par contre M83, orgasme quoi. Le groupe qui accompagne Anthony Gonzalez permet de donner un vrai corps à l’ensemble majestueux de musique et de lumière. Le français exilé clame son amour du pays, drapeau sur les épaules, on s’est dit tout haut que c’est lui qui aurait dû ouvrir l’Euro à la place de Guetta et Will.I.Am. On aurait tellement eu plus de classe. C’était notre seconde fois, on est toujours amoureux.
Ratatat clôture ! Enfin, en concurrence avec les ZZ Top. On vous raconte les vieux d’abord, c’est vite fait. On s’avançait tranquillement vers leur concert quand on voit la foule quitter la grande scène. Ça avait l’air terminé. Puis deux-trois pétards sont partis dans le ciel pour donner un feu d’artifice mal placé mais assez long. Au final, on aura fait quasiment tout le set génialissime de Ratatat. Des riffs parfaits, un temps impeccable et un joint bien calé, le bonheur.
Alors pourquoi on dit qu’on reviendra peut-être pas ? Sans vouloir dénaturer le travail de chacun, il est difficile de saisir la différence de prestation entre les gros festivals. Belfort, Carhaix, Arras, Marmande, Longchamps... tous les mêmes, même combat ? Les Eurockéennes profitent d’un joli site, coincé entre deux étangs. Mais combien ne disaient pas bonjour ? Ou était la graine de folie collective dans la foule ? Quid de toutes ces marques, Coca, Heineken (qui avec son media Greenroom fait bien les choses, de manière discrète), Quick ou RichesMonts ?
Le gros fail : les milliers de piétons sur la route du camping, frôlés par les navettes, sans une loupiotte. Super dangereux, et mettre des centaines de flics, c’est pas terrible pour l’ambiance. Les Eurocks, à confondre avec Les Inrocks, c’est un festival dans le sens festif. On s’y amuse en famille, avec quelques copains, peu importe les artistes au final. On y est posé, ça fait du bien, mais on peut le faire ailleurs tout aussi bien.
Photo : Maxime Croyal
Série de 6 vidéos, adoptant le point de vue d'un festivalier aux Eurockéennes de Belfort 2016.
Client - Eurocks TV et Greenroom.

Equipe Wird Crow
Réalisation/montage : Corentin Kieffer
Production : Emmanuelle Pilet
Caméra : Maxime Croyal
Caméra/montage : Agathe Coitou
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