On écoutait Torb, et là paf, on tombe sur une date improbable dans une petite ville voisine. Surprise, le reste de la soirée nous emballe tout autant. On a checké le prix. On s'est pointé, déguisés en cochons, pas loin de l'immense abattoir Cooperl.
Le week-end dernier, le gros event, c'était bien sûr le I Love Techno Europe, après l'annulation injuste de l'édition 2014 par la mairie. Mais on y était pas. On a préféré (notre porte-monnaie plutôt) se rendre à la deuxième édition du festival Capsule, à Lamballe. Avec un line-up présenté comme French Touch', parainé par Yelle (elle est du coin) et pour un prix hyper accessible, Capsule sortait de nulle part mais nous appellait de toute ses forces. Nous sommes donc allé voir Yuksek, Para One et TorbLeska du label Nowadays Records (La Fine Equipe) et 123Mrk de Future Classic (Chet Faker, Flume, Cashmere Cat) complètaient la soirée, mais on est entré trop tard, navré.
Premier choc : parking désert. Juste quatres pauvres voitures balançent du son. On devient vite copains, certains sont là depuis 17h. Des bénévoles passent avec une brouette, prêcher la bonne parole préventive et récupérer les boks vides. L'équipe nous propose de déposer les clefs de la Porsche à l'entrée de la salle et de nous faire souffler avant de repartir. Cerise sur le gratin, cette action nous fera participer à un tirage au sort pour gagner des places pour Bobital. On aime l'initiative efficace.
Une navette mise en place depuis Saint-Brieuc arrive. Raz-de-marré de gens motivés, souriants et jeunes. Jeunes. On tiques d'abord, mince, ça va être comme Panoramas à Morlaix l'an passé. On passe les barrières, un lycéen nous fait écouter une bouillie EDM sur sa Bose portable. On se sent vieux.
Yuksek (patron de Partyfine) prend le relais de 123Mrk. Toute la salle connait une grosse partie du dj set du producteur rémois, nous on est paumé même si on apprécie. Le dj s'adapte au public à 90% lycéens, ambiance club, y'a de l'espace et une boule à facette, la time-table est progressive, ça s'annonce top.
Pause clope et visite des lieux. On dépose les clefs, demi-surprise, mais on est que les quinzièmes à le faire. Des dizaines de flyers de préventions sont mis à disposition, éthylotests, bouchons d'oreilles. On a pas vu les capotes, peut-être s'étaient-elles déjà toutes envollées ?
Para One, le boss de Marble, arrive aux commandes. Continuité logique, toujours club, mais plus dirigé techno. On aime ! Pendant ce temps-là, certains tentent d'éponger avec la baraque à frite à l'extérieur tandis que d'autres abdiquent dans les toilettes. La sécu prend la relève avec calme. On sent que tout est fait pour protéger les festivaliers mais en les laissant s'amuser. Mais non les enfants, la MDMA à 15 ans, c'est un peu tôt, et c'est pas à l'espace pause-clope que vous en trouverez, et encore moins à 2h du mat'.
Venez voir Torb plutôt ! On l'avoue, on était surtout là pour eux. Notre souvenir, c'était une rencontre du 3e type à Astropolis l'été dernier, juste avant Boys Noize. On ne connaissait absolument pas, mais on a vécu un voyage musical extraordinaire, une grosse claque entrevue du fond de la foule, entre la fumée et les lasers. Pour Capsule, on s'est collé aux crash-barrières. Une techno faite à la main, par deux humains qui tripotent leurs machines. Ces machines qu'ils ont conçu eux-mêmes, délivrent une musique d'initiés, quintessence de nos goûts actuels. La salle se vide rapidement, le public étant surement fatigué et moins averti du retour techno qui s'opère en ce moment en France. En tout cas, les musiciens sont accessibles et partagent leur son avec passion. Les survivants applaudissent.
On est repartit, sobre. On salue le collectif, qui a proposé un line-up de qualité et un festival impeccablement organisé. On remercie Relief, les vjs d'Astropolis qui ont grandement participé à l'ambiance de la soirée. On pardonne les excès de jeunesse, on l'a fait aussi après tout. Et au passage, si quelqu'un a le troisième masque de cochon avec lui, rendez vous demain 11h devant la Cooperl pour régler ça.
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