Les grues du port se détachent du coucher de soleil. Les navires, plus grands que des immeubles, ferment l'horizon. Quelques mouettes rieuses nous accompagnent. Brest.
Ou Astropolis. Pour nous c'est du pareil au même. Depuis quelques temps déjà (20 ans en fait), Brest est associé à la musique électronique. De la techno à la house. Du gabber au dubstep. Sans discrimination. Astropolis, cette rave devenue festival mais resté rave, a fait des petits et nous propose une programmation musclé tout au long de l'année à travers ses soirées Fortress, Astroclub ou Astro l'hiver.
La Carène. Ce monolithe rose qui trône au coeur du port. Ce soir, la salle accueille Erol Alkan (un copain de Boys Noize), Möd3rn (Maxime Dangles, Traumer, Electric Rescue), Superpoze (labelisé French Touch 3.0 par certains, aux côtés de Thylacine, Fakear...) et les Djs du crew Undercover (patrons des soirées Funky Touch à Brest). Avec les copains, on a tourné quelques plans pour un court-métrage lors de leur passage en début de soirée alors que la salle se remplissait doucement. On les remercie pour "for the planet... to the planet", ça fait toujours du bien pour démarrer la soirée.
Soucis de logistique, rapide tour du parking, sourire aux vigiles et... on arrive pile pour la dernière de Superpoze. Sympa, généreux, modeste. On avait déjà aimé la surprise aux Vieilles Charrues, on aurait voulu confirmer. La prochaine fois on fera mieux, c'est promis. Suite avec Erol Alkan, plein de promesse : naviguant entre la star Boys Noize (l'acid mix, Astropolis 2015, parfait) et le protégé Daniel Avery (Club Coatelan, ennui certain), on en attendait gros. L'avantage avec La Carène, c'est qu'on pourra toujours se glisser jusqu'aux crash-barrières sans trop déranger. Vous y attend un havre de paix, gentillesse et basses. On y est pas resté longtemps. Sans grande motivation, le Dj enchaine, tente les figures de styles, frustre, déçoit. Quelque chose nous retiens, mais on a du mal à danser, à comprendre, à suivre le rythme. Est-ce que c'est nous qui sommes perdus ? On finira par monter sur le balcon et jouer aux mimes avec un nouveau copain.
Pause clope. Comme d'habitude, arrivent les conversations rigolotes, les rencontres fortuites, les flirts éphémères. On retrouve toujours quelques têtes aperçues dans les précédentes soirées. Nous replongeons dans la musique. Möd3rn. Entendu le nom une fois, associé vaguement à la techno. Souvenirs en carton, on les avait vu avant Laurent Garnier à Penfeld. Bref. Ce fut la fusion cosmique. Un set d'une qualité rare. L'acoustique parfaite de la salle, avec les décorations boules à facettes et les lumières dans tous les sens. Une techno riche, pleine de rebondissement, prenant le temps de se développer, de nous entrainer dans les montagnes russes. Ce moment où on se rend compte qu'on ne veut être nulle part ailleurs. Superbe découverte, à vivre en live. Une claque, proche de celle fourni par Torb l'été dernier. On en redemande, et pour le coup, on était presque à pleurer lorsque la soirée se clôtura vers 4h.
 
On a marché sur la digue, face à la mer, savourant le silence des mats cognés par la brise. Retour sur terre. Prochain départ pour Astropolis ? Cet hiver avec Carl Craig.
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